Amina*, 50 ans, victime (lévofloxacine) depuis deux ans
Mon médecin m’a prescrit de la lévofloxacine et de la cortisone à l’été 2024, pour un syndrome grippal. Il est pourtant contre-indiqué d’associer les deux : cela décuple le risque de développer des effets secondaires. Il n’a pas vérifié si mon angine était d’origine virale ou bactériologique, ne m’a pas informée des risques d’effets secondaires. J’ai saisi le Conseil de l’Ordre des médecins pour faire reconnaître ses fautes. Lors de mon premier rendez-vous, une audience de conciliation, les membres du conseil ont tenté de me faire retirer ma plainte. Ils ont fini par reconnaître que mon médecin n’avait pas recueilli mon consentement libre et éclairé, ce qui constitue une faute déontologique.
Les prénoms suivis d’une astérisque ont été modifiés.
Mon médecin a expliqué qu’il prescrivait des fluoroquinolones toutes les semaines, même s’il connaissait leurs effets secondaires. Il a finalement reconnu ses erreurs lors de cette audience. Mais dans les mémoires de son avocat, reçus il y a quelques mois, c’est complètement différent : il considère que le traitement était adapté parce que je n’avais pas d’antécédents de tendinite et pas d’allergie connue. C’est difficile, quand on est atteint physiquement et moralement, de faire toutes ces démarches.
Dès que je fais un effort, des douleurs apparaissent au niveau des tendons.
J’ai toujours des douleurs aujourd’hui. Si je marche trop vite, je le paie le soir. Dès que je fais un effort, des douleurs apparaissent au niveau des tendons. Si je fais un gros ménage, j’ai mal aux pieds pendant deux jours. Je n’ose pas courir, je me sens encore trop fragile. J’attends ma convocation…
Auteur: Pauline Gensel

