Oulan-Bator (Mongolie), reportage
Du jamais vu à la COP : le 17 août, à l’ouverture de la 17e Conférence des parties sur la lutte contre la désertification à Oulan-Bator, en Mongolie, la Russie et les États-Unis se sont opposés à la présentation de l’ordre du jour. Une entame pleine de turbulences pour le sommet qui doit se tenir jusqu’au 28 août, avec l’objectif crucial d’organiser la réplique mondiale contre la dégradation des terres.
Trois points posaient problème aux Étasuniens : améliorer les synergies avec les COP Biodiversité et Climat (auxquelles ils ne participent pas), aborder les questions de genre et la participation de la société civile avec des avancées sur la place des peuples autochtones.
Un choc pour ces derniers, habitués de ces rendez-vous, qui ont en réponse organisé une manifestations jeudi 20 août entre les bâtiments de la COP17. Ils et elles étaient une grosse cinquantaine avec des pancartes « Reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones ».
« Ils sabotent nos rêves »
À leur tête, Hindou Oumarou Ibrahim, de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad. Elle lance les chants et met les mots sur la colère qui gronde dans ses rangs : « Chez nous, des gens meurent tous les jours à cause de la soif, de l’avancée du désert et de la dégradation des terres. Je ressens le chaos que les États-Unis veulent semer. Ils sabotent nos rêves. »
La contestation a pris encore un peu plus d’ampleur le 21 août quand Marioldy Sanchez Santivañez, la représentante de la Civil Society Organization (le groupe qui réunit les ONG et les associations), a organisé une conférence de presse pour attirer l’attention sur leur absence des négociations : « Notre présence est un prérequis pour la crédibilité de cette COP. Ce qu’il se passe n’est pas acceptable. »
Derrière cette ingénieure forestière péruvienne, aussi membre de l’ONG…
Auteur: Étienne Cholez
