« Ce n'est pas interdit, mais ce n'est pas autorisé » : les alternatives aux pesticides vues par le gouvernement

Officiellement, le gouvernement communique sur la nécessité de réduire les pesticides de synthèse, toxiques pour la santé et l’environnement. Problème : par quoi les remplacer ? « En pratique, il bloque les alternatives », dénonce Jean-François Lyphout, paysan en Dordogne. « Aujourd’hui, si je fais un purin de fougères, j’encours deux ans de prison et 300 000 euros d’amende. Je suis hors-la-loi. ».

Jean-François Lyphout produit des purins de plantes qu’il commercialise auprès de jardiniers, agriculteurs ou collectivités locales. Ces dernières n’ont plus le droit d’utiliser des pesticides pour entretenir leurs espaces verts depuis 2017. Or, le purin de fougères, qui favorise l’enracinement des plantes et peut servir d’insectifuge, ne figure pas dans la liste des plantes autorisées par le ministère de l’Agriculture.

Que dit la réglementation ? Voilà plus de dix ans que basta! documente les blocages réglementaires auxquels se heurtent les préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (voir l’encadré). Depuis juin 2021, la loi prévoit que toutes les plantes ou parties de plantes consommées dans l’alimentation humaine et animale soient autorisées, sous condition du respect d’un cahier des charges.

En vertu de cette réglementation, la consoude ou la prêle – deux plantes vivaces – sont autorisées, sous forme d’extrait fermenté, de décoction, d’huile essentielle, d’infusion ou de macération. Aucune procédure n’est en revanche prévue pour les plantes non alimentaires, comme les feuilles de rhubarbe ou de fougère par exemple, qui ne sont donc toujours pas autorisées. Il en va de même pour les substances minérales (argile) et animales (petit lait), couramment utilisées en biodynamie notamment.

Lire l’encadré

 Janvier 2006 : selon la loi d’orientation agricole, tout ce qui sert à la protection des plantes et n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) est interdit. C’est le cas des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP). La diffusion des connaissances est aussi interdite.

 Août 2006 : la répression des fraudes contrôle Éric Petiot suite à la parution de l’ouvrage Purin d’ortie & Cie. Le collectif Purin d’ortie et Compagnie se constitue. La revendication est claire : la reconnaissance et l’autorisation immédiate des PNPP comme pratiques ancestrales issues des savoirs paysans. C’est le début de la « guerre de l’ortie ».

 20 décembre 2006 : selon la loi…

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Auteur: Sophie Chapelle