« Ce n'était pas à moi de partir » – Brochure


« Ce n’était pas à moi de partir » – Brochure page par page

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« Ce n’était pas à moi de partir » – Brochure

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Ce qui s’est passé en novembre 2021 n’est pas une séparation amoureuse mais une fuite.
Je me suis littéralement sauvée d’une relation d’emprise dans laquelle je subissais des violences conjugales psychologiques. « Sauvée » comme on se sauve de la noyade et « sauvée » parce que je me suis enfuie.

La personne avec qui j’étais en couple m’a contrôlée, a colonisé mon cerveau, m’a maintenue dans la peur, le mensonge, m’a mise en danger à de multiples reprises, m’a isolée de mes ami-e-s, a été violente verbalement, n’a pas respecté mon consentement à plusieurs reprises, n’a eu de cesse de me mettre sur un piédestal et dans le même temps de me traiter pire qu’un chien (si tant est qu’on se permette encore d’utiliser cette expression et de maltraiter les chiens).

Il m’a maintenu la tête sous l’eau dans un moment déjà difficile pour moi, où j’avais du mal à remonter à la surface. Il a aspiré tout ce qu’il restait de vie en moi. Alors plutôt que de me suicider (voilà où j’en étais arrivée), je suis partie.

D’où je parle ?

Je construis depuis plus de dix ans ma vie en considérant les lieux militants, autonomes, anarchistes, féministes comme des lieux sûrs. En tous cas, aspirant à sortir des normes capitaliste, machiste, raciste…etc. J’ai habité dans ces espaces, beaucoup de mes ami-e-s en font partie, je me suis souvent sentie accueillie et j’ai pu y accueillir des gens, prendre soin, organiser des évènements. Ce qui m’est arrivé a créé un conflit interne intense entre l’envie de croire qu’on change des choses dans ces espaces et la réalité concrète : j’y ai vécu des violences sans être soutenue par ces mêmes collectifs en qui j’avais confiance.

Pourquoi cette lettre ouverte ?

Cela fait 2…

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