Châtillon-sur-Chalaronne (Ain), reportage
En cette matinée ensoleillée du mois de mai, à Châtillon-sur-Chalaronne, au nord de Lyon, dans l’Ain, le tracteur passe entre les rangs bien alignés de jeunes tilleuls, pommiers et autres pruniers. Il fauche le couvert végétal et dépose sa coupe fraîche au pied des jeunes arbres en pleine croissance. « Sur toute la parcelle, ce paillage naturel va empêcher le sol de s’assécher. Comme il est encore vert et riche en sucre, il va aussi améliorer sa fertilité en stimulant l’activité des micro-organismes », explique Daniel Soupe, fondateur et dirigeant des pépinières Soupe, en soulevant une poignée de terre humide.
Grâce à ce paillage, qui permet aussi d’éviter les mauvaises herbes, il estime arroser 4 à 5 fois moins qu’avec une méthode classique. « On fait de grandes économies d’eau et on peut supporter jusqu’à deux mois de sécheresse », précise fièrement le botaniste de 74 ans qui ne laisse rien au hasard.
Au fil du temps, il a bâti un écosystème autonome grâce à son laboratoire de graines et ses pieds mères mis en culture. « On est les seuls en France et sans doute en Europe à produire de A à Z, sans dépendre de personne, affirme le pépinièriste châtillonnais. Mais une telle exploitation ne se monte pas en dix ans. Il en faut quinze ou vingt. »
La végétation qu’il fait pousser entre les arbres est soigneusement choisie. Ici, il s’agit d’un mélange de triticale — une céréale rustique issue du croisement du blé et du seigle, très résistante aux maladies — et de vesce, une légumineuse qui enrichit la terre. « C’est l’agriculture au service des arbres, appelée aussi “agropépinière”. On la pratique depuis une dizaine d’années », révèle Daniel Soupe entre deux appels téléphoniques.
Des arbres de Lyon à Disneyland Paris
Aujourd’hui fort de 115 salariés, dont 6 commerciaux, d’un chiffre…
Auteur: Antoine Boureau, Estelle Levresse

