Ce peuple pêcheur protège les îles isolées en danger

Vous lisez notre série « Les défenseurs de l’océan », publiée pour la Conférence des Nations unies sur l’océan qui se tiendra à Nice du 9 au 13 juin.

Îles Barren, reportage

Un banc de poissons bariolés zigzague entre les coraux. Des dizaines d’anémones se balancent au rythme du courant. Comme en apesanteur, Alain Roger Manolas s’avance d’un coup de palmes, masque de plongée vissé sur le visage, concentré sur une ardoise blanche où il prend des notes avec un crayon. Nous sommes à 8 mètres de profondeur au cœur de l’archipel des îles Barren, un confetti d’îlots à une quarantaine de kilomètres de la côte ouest de Madagascar, et le récif corallien en contrebas a l’air un peu terne.

Se laissant descendre en lâchant quelques bulles d’air, Alain inspecte les cavités sous le corail. Au bout de quelques longues minutes, il remonte lentement à la surface. Aux alentours, rien que le bleu de l’océan Indien, les cris des mouettes et les éclats de voix de ses coéquipiers, qui l’attendent sur le hors-bord. Les six plongeurs achèvent leur mission du jour : évaluer la santé du récif et des espèces marines qui l’habitent.

Tous originaires des îles Barren, ils forment une équipe de « gardiens de l’océan », chargés de surveiller les écosystèmes marins pour pousser à la préservation de l’archipel. Aujourd’hui, le constat n’est pas très positif. « Je pensais trouver des coraux en meilleure santé, soupire Alain, l’écosystème s’est dégradé. »

L’ouest de l’océan Indien est un haut lieu de la pêche illégale, où de larges flottes européennes et asiatiques ratissent les fonds marins au détriment des pêcheurs traditionnels dont les prises ne cessent de diminuer. L’archipel des îles Barren, isolé dans le canal du Mozambique à plusieurs heures des côtes, a longtemps été épargné. Ses récifs et ses herbiers marins luxuriants en ont ainsi fait un…

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Auteur: Julie Bourdin

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