Ce photographe a passé 10 ans à photographier le nucléaire en France

Nicolas Gallon est photojournaliste et membre du collectif Contextes. Son livre Territoires dénaturés. Enquête sur la France nucléaire (Seuil) paraîtra le 11 octobre. Une partie de ce travail est également exposée à Paris jusqu’au 9 novembre 2024 à la galerie FAIT & CAUSE, qui expose depuis 1997 des travaux photographiques traitant de problèmes sociaux ou environnementaux.


Reporterre — Pourquoi avoir entrepris ce grand travail photographique de plus de dix ans sur le nucléaire ?

Nicolas Galon — J’ai commencé ce travail presque par hasard en 2012, à l’occasion d’un anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Je me suis tout simplement demandé ce qu’était exactement cette énergie. J’étais alors basiquement antinucléaire, sans avoir tellement réfléchi à la question.

J’ai d’abord photographié la centrale nucléaire de Nogent, la plus proche de chez moi. C’est ce qui a déclenché tout le reste. Il est très impressionnant de se retrouver au pied d’une cheminée de refroidissement. J’en ai photographié une deuxième, puis une troisième… Je me suis finalement retrouvé à faire le tour de la France. Travailler sur la question du nucléaire, c’est soulever un tapis : on découvre beaucoup de détails, d’informations surprenantes qui sont généralement tues.

Vous avez poursuivi ce travail en vous intéressant aux autres installations nucléaires en France, notamment l’usine de retraitement de La Hague. Qu’est-ce qui vous a frappé ?

La Hague, c’est le choc de la pollution et du silence. J’ai appris qu’un long tuyau sert à déverser les effluents de traitement dans la mer et qu’on retrouve des traces de cette pollution jusqu’en Norvège. Il est très difficile de parler aux habitants. Personne n’accepte d’être photographié. « Je ne peux pas, mon cousin, mon frère, ma sœur travaillent à l’usine », m’a-t-on répondu. Tout le territoire est imprégné de…

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Auteur: Émilie Massemin

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