Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais), reportage
Les opposants au canal Seine-Nord Europe ont réussi à réunir au moins 3 000 à 4 000 personnes dans le petit village d’Oisy-le-Verger, dans le Pas-de-Calais, samedi 11 juillet. C’est là que démarre le chantier de ce canal qui vise à faire passer des péniches XXL. Les opposants dénoncent l’impact considérable sur les milieux naturels et les zones humides.
Sous une chaleur assommante, un cortège festif s’est élancé vers 14 h 30, au son d’une fanfare et d’une sono. Au sortir du village, la foule compacte s’est scindée en deux cortèges. Le premier a poursuivi sa route sur le tracé officiel, accepté par la préfecture de police après d’intenses négociations sous la menace d’une interdiction.
Le second a coupé à travers champs en direction du chantier. La « cible » a été atteinte une heure plus tard : il s’agit d’une clôture coupant un champ en deux pour protéger l’emplacement d’un futur chemin d’accès pour les gravats et des engins de chantier. Le chemin doit desservir un second chantier, à 7 km d’Oisy-le-Verger, dont les premiers coups de pioche sont encore loin d’être donnés.
Fils barbelés et piquets de bois ont été démontés, sur plusieurs centaines de mètres, par les centaines de participants à ce cortège « déter ». « C’est un symbole du mépris des promoteurs du canal, dénonce une porte-parole du collectif Mégacanal non merci. Ils coupent un champ en deux et embêtent les agriculteurs pour sécuriser un chantier qui n’est pas près de commencer. »
Un imposant dispositif de gendarmerie a été déployé aux abords des lieux de rendez-vous, autour de la manifestation et du village militant qui se tient à Villers-au-Tertre, du 9 au 12 juillet.
Barrages filtrants, drone et deux hélicoptères en survol permanent : un tel dispositif est une habitude, observé à chaque rassemblement contre le canal. Mais le…
Auteur: Erwan Manac’h, NnoMan Cadoret

