Draveil (Essonne), mercredi matin. Sur les boucles Telegram « Bloquons-tout », le rendez-vous a été annoncé. À 7 h, blocage d’une station-service Total. Puis, à 8 heures, ça devait être au tour du Super U d’être bloqué. Pourtant, ce mercredi matin, elles ne sont que trois au rendez-vous. Trois militantes du Parti communiste, jeunes retraitées. La station Total est entourée de rubalises – celle-ci ne tiendront pas plus de quelques minutes. Devant le Super U, quelques militants insoumis les rejoignent. Mais, à si peu, impossible de bloquer la grande surface. Une banderole « Macron dégage » est quand même posée au-dessus des cadis et quelques mots sont échangés avec les personnes venues faire leurs courses. L’ambiance est joyeuse, les discussions, cordiales.
À quelques kilomètres, sur un rond-point à la sortie d’Orsay, c’est plusieurs dizaines de personnes – essentiellement des étudiants – qui ont répondu présent. Mais, au vu du dispositif policier, le blocage de ce nœud autoroutier est vite impossible. Il se transforme en tractage géant, ralentissant fortement la circulation. Là aussi, les discussions avec les automobilistes sont très bonnes. « Que pensez-vous du gouvernement ? », demande un jeune participant. « Pas beaucoup de bien », cingle un conducteur, avant de partir en prenant avec plaisir le tract tendu.
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« Ce sont plutôt des militants, politiques, syndicaux qui étaient en action hier et cela tranche vraiment avec les gilets jaunes », observe François Buton, directeur de recherche au CNRS et récent co-auteur d’un article intitulé « ‘Bloquons tout » est-il vraiment la saison 2 des gilets jaunes ? »….
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

