Avec le développement actuel de l’intelligence artificielle générative, certains élèves sont tentés de déléguer leurs devoirs à des outils comme ChatGPT. Mais pour s’assurer de leurs connaissances et de l’évolution de leurs acquis, l’enjeu est-il seulement de renforcer la lutte contre la tricherie ? Ne faut-il pas surtout inventer de nouveaux modes d’évaluation ?
À l’heure où les IA dites génératives nous sidèrent par leurs prouesses, comment évaluer correctement les acquis des élèves et des étudiants ? L’irruption du robot conversationnel ChatGPT est-elle de nature à bouleverser les pratiques évaluatives ? Les enjeux se posent-il d’une façon radicalement nouvelle ou n’y a-t-il finalement rien de bien nouveau sous le soleil de ces jugements appréciatifs que sont les notes et les jugements d’évaluation ?
Le fait significatif est que les IA génératives sont capables, à partir de consignes qui leur sont données, des « prompts », de créer du texte, des images, ou encore de la musique. Les machines s’emparent de ce qui paraît nous constituer en propre. Ne vont-elles pas devenir capables d’accomplir, et mieux que nous, n’importe quelle tâche cognitive humaine ?
Le risque est que l’outil « intelligence générative » soit utilisé massivement pour tricher. Si les acquis que visent les actions éducatives sont précisément de l’ordre des tâches cognitives complexes, la tentation peut être forte, chez certains, de faire faire par des machines intelligentes ce qu’ils sont censés avoir appris à faire lors de leur formation, comme rédiger un mémoire.
Bien identifier les compétences à évaluer
C’est toute évaluation faite hors des conditions strictes d’examen, en particulier « à la maison », qui devient suspecte. Certes, les remèdes sont assez évidents : imposer des temps incontournables d’évaluation en milieu « clos » ; interdire ou, mieux, modérer ou…
Auteur: Charles Hadji, Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), Université Grenoble Alpes (UGA)

