« Ce que je trouve radical, c’est de choisir de devenir paysan »

Ces derniers jours avec les mouvements paysans autour de la dermatose nodulaire, nous voilà coincés entre la sempiternelle fétichisation de la figure de l’agriculteur par l’extrême droite et la bien simple et méprisante équation de beaucoup de gens de gauche qui pourrait se résumer ainsi : agriculteurs = ruraux = fachos.

Des premiers je ne parlerai pas car, ce qui m’a ulcérée, ce sont les attaques venues de mon camp. J’ai entendu des camarades fustiger la Confédération paysanne parce que certains militants luttent aux côtés des fachos de la Coordination rurale ; d’autres ironiser sur la prétendue sensibilité des paysans quand il s’agit d’abattre leur troupeau alors que, finalement, tuer des animaux, c’est leur cœur de métier. Un peu de décence, un peu d’humilité !

Nous, les paysans, on aime parle de notre métier si vous voulez bien un peu nous écouter. Alors, après tout ce que j’ai lu ces derniers jours, j’ai envie de raconter ce que ça me fait, personnellement, la mise à mort des animaux.


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Il y a une semaine, on a tué deux cochons à la ferme pour notre consommation personnelle. Chaque fois que je décide d’abattre un animal, c’est mon métier que je remets en question. Vraiment. Ces cochons sont arrivés chez moi petits. Je les ai élevés. Je leur ai apporté du confort, j’ai veillé sur eux. Tous les jours, ils ont couru vers moi en me voyant, parce que j’étais celle par qui arrivait la nourriture et parfois les gratouilles.

Dissonance cognitive

Ce matin-là, ils n’ont pas eu à manger et c’est avec une bétaillère que je suis arrivée. Ils ne l’avaient jamais vue. Ils…

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