Le 6 juin, Téhéran rouvrait son ambassade à Riyad, concrétisant un accord annoncé le 10 mars dernier sous la houlette de la Chine.
Sous les flashs des photographes réunis à Pékin, Téhéran et Riyad avaient alors signé une promesse d’échange d’ambassadeurs qui devait mettre fin à sept ans de rupture diplomatique et à plusieurs décennies de tensions.
S’il est incontestable que ce développement suggère une montée en puissance de la Chine au Moyen-Orient, il annonce aussi – et surtout – la mise en place de nouvelles dynamiques propres à la région.
Quarante-cinq ans d’une rivalité multidimensionnelle
Avec la révolution iranienne de 1979, l’Iran devenait un rival politique dangereux pour Riyad. Sans être très proches, les deux pays partageaient pourtant jusque-là une relation cordiale, d’autant que tous deux étaient des alliés des États-Unis au Moyen-Orient en pleine guerre froide.
Monarchie ultraconservatrice, structurellement alliée à l’idéologie sunnite wahhabite, répressive de sa minorité chiite (10 % de la population) et étroitement arrimée à Washington, l’Arabie saoudite s’est sentie directement menacée par le nouveau régime de Téhéran, qui promettait d’exporter sa révolution (progressiste dans le paysage régional de l’époque), mobilisant un chiisme radical et considérant les États-Unis comme « le grand Satan ».
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Depuis, tant les événements que les choix effectués par les establishments politiques des deux pays les ont amenés à se retrouver dans des camps opposés (et souvent à la tête de ces camps) lors de toutes les crises survenues dans la région.
Cette rivalité s’est radicalisée suite aux « Printemps arabes », Téhéran et Riyad ayant presque systématiquement soutenu, directement et ouvertement,…
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Auteur: Jérémy Dieudonné, Doctorant en Relations internationales, Université catholique de Louvain (UCLouvain)

