Le rideau est retombé le 19 juillet sur la plus extravagante Coupe du monde masculine de l’histoire de cette compétition. La prétention trumpienne à la toute-puissance a ruisselé sur ce mois de football mondialisé. L’épisode le plus grotesque, mais non le moins significatif, a été cette intervention du président des États-Unis pour faire annuler un carton rouge qu’un arbitre avait eu l’audace d’attribuer à un joueur états-unien, et l’immédiate soumission du président de la Fifa, Gianni Infantino, idolâtre mercantile de l’hôte de la Maison Blanche. Entre parenthèses, le même joueur n’aurait pas bénéficié de tant de sollicitude s’il avait croisé la route de l’ICE, la police anti-immigration. Auparavant, Trump avait déjà fait refouler un arbitre somalien au prétexte qu’il était somalien (1). Le racisme fait loi.
À noter aussi que l’équipe d’Iran n’a pas été autorisée à séjourner sur le sol américain, et s’est retrouvée contrainte d’établir son camp de base au Mexique. Des supporters de certaines nations (comme la République démocratique du Congo) n’ont, eux, pas pu obtenir de visas pour venir soutenir leurs sélections.
Dire que l’équité sportive n’a pas été chahutée par cette relation délétère entre le président américain et l’intrigant chef de l’institution sportive serait naïf. La généralisation de la « pause fraîcheur », même dans certains stades climatisés, a fractionné en quart-temps un jeu qui s’organisait jusqu’ici en mi-temps. Les règles du football américain se sont imposées au « soccer ». La vraie raison de cette pause sanitaire est que les chaînes de télévision ont pu doubler leurs recettes publicitaires. Aurons-nous droit encore aux pauses fraîcheur cet hiver…
Auteur: Denis Sieffert

