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L’intelligence artificielle est devenue un outil central des opérations militaires, notamment pour l’armée des États-Unis. Les centres de données qui la font fonctionner, principalement basés dans la région du Golfe, constituent donc des infrastructures cruciales. Et comme tout dispositif critique, ils deviennent des cibles potentielles en temps de guerre.
Le 1er mars 2026, peu avant l’aube, des drones iraniens ont visé deux centres de données Amazon situés aux Émirats arabes unis. Un troisième centre, au Bahreïn, a également été touché, bien qu’il ne soit pas établi qu’il avait été visé de façon délibérée. L’Iran a en tout cas indiqué qu’il considérait les centres de données commerciaux comme des cibles.
Il s’agit de la première fois qu’un État cible délibérément des centres de données dans le cadre d’un conflit armé. Par le passé, ces infrastructures avaient fait l’objet d’opérations d’espionnage et de cyberattaques, notamment en 2024, lorsque des hackers ukrainiens ont détruit des données stockées dans des centres militaires russes, mais l’attaque iranienne se distingue par sa nature : ses drones ont cette fois endommagé des infrastructures matérielles.
Les progrès de l’intelligence artificielle accroissent l’importance stratégique des centres de données. L’armée états-unienne, en particulier, a largement investi dans des outils d’IA destinés aux systèmes d’aide à la décision (SAD) dans le cadre de ses opérations en Iran et au Venezuela. C’est pourquoi les forces iraniennes pourraient chercher à neutraliser les infrastructures qui, selon leurs dirigeants, sont employées dans le cadre de ces opérations militaires.
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Auteur: Dennis Murphy, Ph.D. Student of International Affairs, Georgia Institute of Technology

