Ces dernières années, nous avons vu sur nos écrans l’agonie de Cédric, père de famille, sous le poids de policiers. Le Gilet Jaune Jérôme Rodriguez mutilé en direct sur Facebook. La vidéo de Manu aussi, un autre Gilet Jaune, l’œil fracassé par une grenade alors qu’il discutait. Il y a eu les images épouvantables d’Olivier à Bordeaux, gisant dans une mare de sang après avoir reçu un tir dans le dos, ou celles de Geneviève, à Nice, retraitée piétinée par des forces de l’ordre. Et celles de Sébastien et d’Antoine dont la main venait d’être soufflée par une grenade, ne laissant qu’une plaie béante au bout de leur bras. Nous avons vu les lignes de LBD sur les Champs Élysées, faucher des corps, casser des visages, briser des vies. Ces images ont été vues par des millions de personnes. Provoquant des séquelles psychologiques de masse.
Nous avons vu, en décembre 2018 à Mantes la Jolie, 151 adolescents raflés, les mains sur la tête, contre des murs, humiliés par des policiers armés qui rient et filment leurs exploits. Souvenir indélébile du quinquennat. Nous avons vu la même semaine, en banlieue d’Orléans, Oumar 16 ans le crâne fracturé par un tir policier devant son lycée. Ramy, 15 ans, blessé à l’œil à Vénissieux. Jean-Philippe, 16 ans, lycéen à Bézier perdre un œil. Doriana 16 ans, la mâchoire explosée le 3 décembre. Même sort pour Issam, 17 ans, à Garges-lès-Gonesse deux jours plus tard. Durant la première semaine de décembre 2018, une cinquantaine d’adolescents sont gravement touchés chaque jour par les tirs policiers.
Nous avons vu les milliers d’arrestations, pour une banderole, un homard ou le port d’un gilet fluorescent. Une expérience d’enfermement de masse, dans les geôles de garde à vue. Des interpellations préventives. Des milliers de procès expéditifs, et le recours à des lois d’exception. Nous avons vu des milliers des nôtres jetés en prison, placés sous contrôle judiciaire, privés de droit par une justice aux ordres.
Nous avons vu Zineb Redouane, octogénaire, tuée par le tir d’une grenade en pleine tête le 1er décembre 2018 à Marseille, par un CRS, alors qu’elle regardait la rue depuis la fenêtre d’un appartement. « Il y a un policier qui a tiré, il m’a visé » avait-elle lâché, dans un dernier souffle, à ses proches. Nous avons vu à Nantes, un jeune mourir noyé le soir de la fête de la musique, à cause d’une charge policière. Nous avons vu la violence d’État frapper jusque dans les soirées dansantes et les Free…
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Auteur: Nantes Révolté Le grand soir

