Initialement paru en mars 2023, Les médias contre la gauche démontre le rôle majeur des grands médias dans le processus de radicalisation du projet néolibéral en France. Cette droitisation sans fin du débat public s’est encore accélérée aux cours des deux années qui se sont écoulées. Sociologiquement solidaires des intérêts des classes dirigeantes, les chefferies éditoriales – comme la plupart des commentateurs en vue – alimentent par leurs pratiques le pourrissement démocratique et demeurent évidemment réfractaires à toute critique des médias. Par suivisme, routine, dépendance, aveuglement ou activisme politique, ils participent à la contre-révolution réactionnaire qui gagne du terrain partout dans le monde, quand elle ne tient pas déjà les rênes du pouvoir.
Une existence publique intolérable
Acteurs centraux de la normalisation de l’extrême droite depuis plusieurs décennies, les médias dominants mènent parallèlement campagne contre la gauche sociale et politique qui assume des orientations de rupture avec les politiques de violence sociale, les entraves aux libertés publiques, les « évidences » sécuritaires, l’islamophobie ambiante et prend position contre le génocide en Palestine. Autant de lignes politiques inacceptables aux yeux de l’éditocratie, et qui valent aux organisations partisanes, syndicales et associatives qui les portent d’être disqualifiées comme représentant une gauche « irréaliste », « déraisonnable », « radicale », « extrême », « antirépublicaine » et désormais « antisémite ». Les cabales médiatiques massives et continues contre LFI démontrent que les conditions d’expression et d’existence de cette gauche dans le débat public sont plus entravées que jamais.
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Loin d’être exhaustif – par souci de lisibilité, nous n’avons par exemple pas inclus les couvertures de puissants quotidiens tels que…
Auteur: Pauline Perrenot

