On se refile sans états d’âme la phrase savamment tronquée de Michel Rocard soulignant que la France ne « peut accueillir toute la misère du monde ». Les commentateurs rongent jusqu’à l’os les mots « toute la misère du monde », en laissant à la lisière du raisonnement le verbe accueillir. Accueillir, c’est préparer une arrivée, confectionner un repas, faire un lit, mettre des fleurs fraîches dans un vase, bref, c’est se mettre en état d’hospitalité, pour être à la hauteur de l’arrivant·e.
Mais qu’en est-il de ceux et celles qui vous tombent dessus sans crier gare : une tente Quechua qui a poussé pendant la nuit dans votre rue ; une femme racisée, aux dix bracelets, endormie sur une grille d’égout ; un collectif d’émigré·es lors d’une manifestation ; des étudiant·es étranger·ères sans le sou ? Autant de rencontres impromptues invitant à revisiter ce qu’hospitalité veut dire. Entre un accueil chaleureux réservé à des personnes proches et un accueil
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Auteur: Rose-Marie Lagrave

