Ce qui est là (2)

La semaine dernière, dans le premier volet de notre bilan d’étape, penser le fascisme, nous avons émis l’hypothèse, avec Achille Membe, que le « brutalisme » formait le socle fasciste. Cette semaine, avec David Graeber, Johann Chapoutot, Cyril Hanouna, Bruno Le Maire, Mencius Moldbug, Lovecraft, Pierre Madelin et One Piece, nous faisons l’hypothèse que le nœud émotionnel du fascisme qui vient se déploie à fond de cale d’un navire féodal. Ou comment se rencontrent les fantasmes féodaux, le racisme horizontal, l’économie du véhicule et l’angoisse sans ferveur de l’écologie néomalthusienne.

L’économie est entrée dans une phase dans laquelle le mythe ultra-« libéral » de la société ouverte est mort. L’idée selon laquelle le capital aurait pu être domestiqué par l’État démocratique et parlementaire est morte avec elle. En France, à propos de notre gloire nationale, Bernard Arnaud, on peut lire dans la presse : « Pour la première fois en France, où il n’y a rien au-dessus de l’État, un particulier est plus puissant que le roi. » (cité par Catherine Malabou). Comme tous les mythes exténués, celui d’une corrélation entre primat de l’économie et victoire des régimes représentatifs est enfin ramené à son caractère objectif : corrélation n’est pas causalité.

Hypothèse 2 : Nous ne sommes pas encore sortis du navire commercial de l’époque féodale

Hégémonie du véhicule

Dans son essence historique, l’économie est une métaphysique logistique qui prend sa source dans l’angoisse aventureuse des navires de commerce envoyés massivement vers le Nouveau Monde (XV-XVI° siècle). Étymologiquement, l’économie devrait définir les lois ou normes mesurées de l’oikos, de l’habitat, de « l’habitabilité ». Mais si l’on se réfère aux prémices de l’économie mondialisée du proto-capitalisme nous n’avons affaire ni à du nomos (de la norme) ni à de l’oikos (de la maison). Le seul « habitat » dont le capital a à sa charge…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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