Les tensions géopolitiques, les bouleversements climatiques et la valorisation du secteur de l’intelligence artificielle multiplient les signaux d’une crise majeure. Pour les décrypter, entretien avec Dean Baker, cofondateur du Center for Economic and Policy Research, ayant exercé comme consultant auprès de la Banque mondiale, du Congrès américain et du Conseil consultatif syndical de l’OCDE.
Comment définir une crise, par opposition à une récession ?
Dans une récession classique, on observe globalement les mêmes phénomènes économiques, mais atténués. Une crise, en revanche, correspond à un changement qualitatif : une rupture brutale avec la trajectoire précédente. C’est ce qui s’est produit en 2000 avec la bulle internet, en 2008 avec l’immobilier, ou encore en 1929. Aujourd’hui, je pense que nous nous dirigeons vers une crise, et non une simple récession.
Aujourd’hui, il existe très probablement une bulle autour de l’intelligence artificielle.
On évoque souvent la probabilité d’une crise financière. Quel est votre point de vue ?
Ce risque me semble souvent surestimé. En 2008, le véritable problème était la bulle immobilière. Pourtant, le récit dominant a été celui d’une « crise financière », sans doute parce que les économistes avaient manqué les signaux pourtant visibles dans les données publiques. Aujourd’hui, il existe très probablement une bulle autour de l’intelligence artificielle, devenue un moteur majeur de l’économie. Elle finira par éclater, car les profits attendus ne seront pas au rendez-vous.
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Le calendrier reste incertain – j’avais moi-même anticipé trop…
Auteur: Juliette Heinzlef

