Le dernier livre de Bernard Aspe La division du politique, sonne un peu comme un bilan d’étape. Où en sommes-nous ? Outre les différents types de domination et d’exploitation que l’on connaît, plus mortifères que jamais, nous sommes entrain de perdre le monde. Et à vrai dire, non pas seulement ce monde-ci – qu’après tout nous détestons assez pour ne pas pleurer sa disparation annoncée –, mais la condition même de la pluralité des mondes, aussi bien ceux du pouvoir que ceux dont on pouvait encore rêver, il y a peu. Les conditions de possibilité de la révolution s’amenuisent cruellement, non pas seulement parce que les luttes sont faibles, mais aussi parce que le support des mondes est écologiquement menacé.
À voir à lundi 16 décembre à partir de 20h
Qui est ce « nous », qui demande où nous en sommes ? C’est là qu’est l’os, le véritable problème politique ; l’articulation d’un « nous » révolutionnaire qui saurait à la fois maintenir les singularités et les unir pour recouvrer enfin, de nouveau, une véritable puissance de frappe. Ce « nous » n’a pas d’autre choix que d’être révolutionnaire – comme le disait le camarade Tronti, « comprend vraiment celui qui hait vraiment ». Mais le parti de la révolution est terriblement divisée. C’est à la fois légitime et regrettable, et il faut en finir avec la crainte de l’unité, le culte du multiple. En somme, il faut cesser de confondre le rival et l’ennemi. Du moins est-ce là une proposition, ouverte mais déterminée.
Cette proposition, lancée à la cantonade révolutionnaire, consiste à trouver une condition commune aux différentes subjectivités en rupture, et à définir face à la réalité « le point d’attaque le plus commun qui puisse être trouvé ». Pour cela, il faut trois choses : une analyse des subjectivités d’abord, de leurs divisions aussi…
Auteur: dev

