Juch (Finistère), reportage
Des terres agricoles achetées par des citoyens pour des agriculteurs. Pour la première fois, François foule le sol de la parcelle agricole qu’il est en train d’acquérir. « L’agriculture industrielle, telle qu’elle s’est développée ici en Bretagne, est un vrai souci. J’apporte ma pierre à l’édifice comme je peux », dit le retraité, poncho de pluie sur le dos.
Comme lui, ils sont une vingtaine à s’être donné rendez-vous en ce dimanche matin de mai — qu’importe la météo qui trempe jusqu’aux os — pour découvrir le lot de 16 hectares de terres agricoles qu’ils sont tous en train d’acheter, ensemble, sur la commune du Juch, située en baie de Douarnenez (Finistère). « Au total, on est presque 200 coopérateurs », se félicite Muriel.
Pour lancer leur activité, Louise, Romain et Jules, jeunes agriculteurs dans la trentaine, ont fait appel à une structure peu courante d’aide à l’installation agricole : Kazel-Ha-Kazel, une foncière citoyenne et territoriale, dont le nom breton se traduit par « bras dessus, bras dessous » en français. Les trois paysans sont les premiers bénéficiaires de cette Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) qui a pour mission d’acheter des terres agricoles pour aider des agriculteurs à lancer leur exploitation.
En échange, les porteurs de projet doivent répondre à une condition : s’installer en agriculture biologique.
Une foncière pour réduire son endettement
« On n’est pas attaché à la propriété privée de la terre, dit Romain, agronome de formation, qui explique pourquoi ils ont adhéré à l’initiative. Le droit locatif est assez protecteur pour les agriculteurs, ce qui fait qu’on n’a pas peur de louer des terres. On a aussi voulu passer par une foncière pour réduire notre endettement. »
Au total, l’exploitation de ces trois jeunes paysans va s’étendre sur 70 hectares. 10 hectares et du…
Auteur: Chloé Richard

