Pleumeur-Bodou (Côtes-d’Armor), reportage
Dans une petite piscine grillagée qui fait face à la mer, quatre guillemots de Troïl barbotent en attendant leur repas. Ces quatre-là ont eu de la chance : retrouvés à bout de force sur une plage des côtes bretonnes, ils ont été rapatriés au centre de soins de la station de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de l’Île-Grande, à Pleumeur-Bodou. Depuis cinq jours, l’équipe d’Élise Bidaud, soigneuse et responsable du centre de soins, s’affaire pour les remettre sur pattes et pouvoir les relâcher au plus vite.
Si ces quatre-là devraient pouvoir retrouver leur liberté d’ici la fin du week-end à la faveur d’une météo favorable, beaucoup d’oiseaux marins succombent avant même d’arriver au centre. Depuis une semaine, les tempêtes successives affaiblissent de nombreux individus de la famille des alcidés, et notamment les pingouins torda, les guillemots de Troïl et les macareux moines. Ces derniers sont en train de remonter vers leur lieu de nidification et les tempêtes rendent leur déplacement et la pêche pour se nourrir compliqués. Des centaines de cadavres de macareux moines ont été ramassés ces derniers jours sur les plages du Morbihan et du Finistère sud. Et pour ceux retrouvés vivants, le temps est compté.
« Les alcidés sont des oiseaux hyperspécifiques à soigner. Ils demandent beaucoup de surveillance car ils supportent mal la captivité. Il faut donc les relâcher le plus rapidement possible, détaille Élise Bidaud. On n’est pas en situation de crise, mais on est très occupés : ce qu’il se passe n’est pas anodin, des milliers d’animaux marins sont en souffrance à cause des conditions météo. Normalement, l’hiver est une saison calme pour le centre, on accueille généralement une dizaine d’alcidés épuisés entre novembre et février. Cette année, on en a déjà reçu 29 et ce n’est pas terminé. »
Pour le moment,…
Auteur: Manuella Binet

