Strasbourg (Bas-Rhin), reportage
À l’entrée du local de l’association Lianes, un collier de chien remplace la poignée d’une porte abîmée. Ce jeudi après-midi, la réunion d’équipe vient tout juste de se terminer et les salariés du chenil s’activent pour mettre en route la deuxième série de balades de la journée. Neuf chiens aboient joyeusement à chaque passage, espérant être les prochains à sortir. Certains sont là depuis quelques semaines, d’autres, quelques mois. Le temps que leurs maîtres puissent de nouveau s’en occuper.
Installée dans le quartier prioritaire du Port du Rhin, dans l’est de la ville, Lianes a vu le jour en 2003. Son nom est l’acronyme de Lien avec l’animal contre l’exclusion sociale. « L’association a été créée pour faire face à une problématique : des personnes en situation de précarité refusaient d’aller à l’hôpital car elles n’avaient pas de solution pour leur animal, explique Anne Trotzier, directrice de la structure. Leurs seules options, c’était de l’abandonner ou de ne pas se soigner. » Même problème avec les structures d’hébergement d’urgence ou de réinsertion, beaucoup n’accueillant pas les animaux de compagnie.
« Au début, on gardait les animaux chez nos bénévoles, poursuit la directrice. Nous sommes arrivés dans ces locaux en 2009, c’est là que l’on a commencé à pouvoir accueillir des chats et des chiens en urgence. » La pension héberge actuellement neuf chiens, huit chats et deux lapins qui participent à des activités de médiation animale.
Liste d’attente pour les animaux
Si elle le pouvait, l’association pousserait les murs. « Cela fait deux ans que nous avons une liste d’attente. Notre activité explose en même temps que la précarité augmente », expose Anne Trotzier.
Dans le même temps, ses moyens humains diminuent. « En janvier dernier, Lianes avait 14 salariés. Aujourd’hui, il n’en reste que 10…
Auteur: Adrien Labit, Anne Mellier

