Est-ce la fin du Green Deal ? Alors que s’ouvre la COP30 à Belém, au Brésil, l’Union européenne s’apprête à tourner le dos à ses engagements climatiques. Ce jeudi 13 novembre, deux votes cruciaux auront lieu à Bruxelles : au Parlement européen, l’adoption du premier paquet législatif « Omnibus », qui pourrait vider de sa substance la directive sur le devoir de vigilance des entreprises ; et, au Conseil, la prolongation pour dix ans des exonérations fiscales accordées à l’aviation, au transport maritime et à la pêche — une niche climatique qui coûte 45 milliards d’euros par an aux États européens. Deux décisions qui, selon l’ONG Bloom, marqueraient « la fin du Green Deal européen ».
Pour mesurer l’ampleur de l’enjeu, Reporterre a interrogé Swann Bommier, responsable du plaidoyer de Bloom. À la veille de ces votes, il dénonce une offensive sans précédent des lobbies pétroliers, appuyés par le Qatar et l’administration Trump, et une dérive inquiétante des institutions européennes, prêtes à céder à la droite et à l’extrême droite sur le démantèlement du droit social et environnemental européen.
Reporterre — Sur Instagram, Claire Nouvian, directrice de Bloom, écrit : « Si vous ne devez vous mobiliser qu’une seule fois dans votre vie, c’est aujourd’hui. » Pourquoi ce moment est-il, selon vous, à ce point décisif ?
Swann Bommier — Nous sommes à un tournant majeur. Cela fait dix ans que nous avons adopté l’Accord de Paris, et nous pouvons dire aujourd’hui qu’il a échoué : les émissions mondiales de CO2 continuent de croître et nous avons franchi l’année dernière la barre des +1,5 °C de réchauffement. Tous les États sont réunis à Belém, au Brésil, pour tenter de relancer une dynamique réelle vers la sortie des énergies fossiles. Dans ce contexte, Emmanuel Macron déclare à Belém qu’il faut que « tous les grands émetteurs…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

