Deux fois par an, à l’occasion des derniers week-ends de janvier et de mai, des milliers de Français s’arment de jumelles, de guides d’identification, et parfois simplement de leur curiosité pour participer au comptage national des oiseaux des jardins. La treizième édition se déroule les 25 et 26 janvier. Le protocole est simple : une heure d’observation dans un jardin, un parc public ou depuis un balcon, pour recenser les différentes espèces aperçues avant de transmettre sa liste sur un site dédié (1).
Cette initiative portée par la LPO, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et l’Office français de la biodiversité (OFB) depuis 2012, n’est pas qu’un exercice ludique de sensibilisation à la nature ; c’est un outil puissant pour évaluer l’état de santé de la biodiversité. Une fois compilées et analysées, les précieuses données permettent aux naturalistes de suivre l’évolution des populations d’oiseaux communs, soumis à de fortes pressions environnementales comme les changements climatiques ou la destruction des habitats naturels.
Fin janvier 2024, plus de 17 000 participants avaient recensé 547 000 oiseaux. Le record remonte à mai 2020 pendant l’épidémie de Covid-19, lorsque l’opération « confinés mais aux aguets » avait éclairé l’isolement de près de 40 000 personnes bloquées à leur domicile. Si le moineau domestique, les mésanges bleues et charbonnière, le rouge-gorge familier et le merle noir sont en général les plus fréquemment rencontrés, les surprises ne sont jamais à exclure.
Une année à gros-becs ?
Depuis octobre dernier, une affluence inhabituelle de gros-becs casse-noyaux est par exemple constatée en France. Ce phénomène, observé pour la dernière fois il y a 7 ans, est en général lié à l’arrivée d’individus en provenance d’Europe centrale en raison de pénuries alimentaires ou d’une reproduction particulièrement réussie l’été…
Auteur: Allain Bougrain Dubourg

