Présenté en ouverture de la Quinzaine des cinéastes à Cannes (lire ici notre critique du film), Le Procès Goldman est un huis clos étourdissant, explosif. Il revisite le second procès obtenu en 1976 par Pierre Goldman (Arieh Worthalter) après l’annulation du précédent, qui s’était conclu par une condamnation à perpétuité. S’il revendique des braquages à main armée, Goldman nie avoir tué deux femmes, deux pharmaciennes. Entre-temps, ce militant et intellectuel révolutionnaire avait publié Souvenirs obscurs d’un juif polonais né en France (En « Points » Seuil.), immense livre qui, à l’époque, a fait de lui une vedette aux yeux de l’intelligentsia parisienne.
Lors de ce procès, Goldman a pour conseil un jeune et brillant avocat, Georges Kiejman (Arthur Harari), qui va y imposer tout son talent, malgré l’inimitié qui règne entre les deux hommes. Avec ce film de combat judiciaire homérique, Cédric Kahn montre qu’il n’a rien perdu de sa fougue de metteur en scène, de son goût pour les personnages hors norme, de sa capacité à faire surgir à l’écran des questions politiques et existentielles. Le retrouver pour un entretien, auquel il s’adonne très librement, est un plaisir.
Quelle idée de cinéma a présidé au choix de faire ce film ?
Pour moi, la forme est au service du propos. Une fois que je comprends bien ce dont j’ai envie de parler, je peux envisager la manière dont je vais le dire. La forme naît du fond. C’est sans doute pourquoi mes films peuvent avoir des styles assez différents. Je ne suis pas parti avec une idée de cinéma sur ce film, mais avec une envie de raconter quelque chose.
Faire un film de procès n’était pas une tentation première ?
L’idée de départ, c’est de faire un film sur Pierre Goldman. J’ai aussitôt écarté l’idée d’un biopic, car les biopics ne m’intéressent pas. Je ne voulais pas…
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Auteur: Christophe Kantcheff

