Saint-Jory (Haute-Garonne), reportage
À Saint-Jory, dans le nord de Toulouse, la colère de Camille est intacte. Le 1er septembre, un arrêté interpréfectoral a pris de court les opposants à la ligne à grande vitesse (LGV) Toulouse-Bordeaux en autorisant, un mois plus tôt que prévu, les travaux d’abattage des arbres.
Quelques heures plus tard, le 2 septembre à 7 heures du matin, les tronçonneuses étaient déjà là et s’appliquaient à couper tous les arbres dans cette zone d’un peu plus de 1 hectare, surnommée le « triangle boisé ». Un vaste dispositif policier, composé notamment d’une équipe du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PPSIG), de gendarmes et d’un hélicoptère, encadrait cette opération.
Sur place, les troncs jonchent toujours le sol et la végétation est sens dessus dessous. « C’était un endroit très symbolique pour nous, raconte Camille, opposante à la LGV alors que des oiseaux chantent toujours au loin. On connaissait tout ici : les arbres, la faune, cela fait mal au cœur. » Au sol, un nid, sûrement tombé après les travaux de coupe, appuie ces souvenirs.
Depuis deux ans, cette zone était le camp de base de ces militants écologistes, qui y livraient une lutte acharnée pour empêcher l’abattage de cette forêt et l’avancée des travaux. Expulsée à de nombreuses reprises, la zad de La Guinguette vaillante a surtout permis de « visibiliser la lutte », selon Camille.
« On savait que ça arriverait un jour ou l’autre et que le rapport de force ne jouait pas en notre faveur, souffle-t-elle. Mais on ne pensait pas que cela se terminerait comme ça, qu’on serait pris de court et qu’ils s’empresseraient de couper les arbres au 2 septembre, surtout après l’été caniculaire et les feux qu’on a dû subir tout l’été. »
Pour eux, « c’est une évidence : ils avaient peur qu’on se réinstalle dans les arbres et qu’on retarde à…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette
