Celles, ce village qui renaît sans propriété privée

Celles (Hérault), reportage

La route qui dévale la colline se fond soudain dans la terre rouge. Là, sur les rives tranquilles du Salagou, des bâtisses sans toit, des portails colorés de graffitis, et le silence, à peine troublé par quelques pépiements. À première vue, Celles paraît un village fantôme.

À première vue seulement. Au détour d’une rue déserte, les coups de maillet répondent au crissement des gravats qu’on déblaie. Dans l’air, des effluves de pain chaud se mêlent au fumet réconfortant d’une cheminée.

À l’étage d’une ruine, Vincent, François, Ronan et François — que des hommes ce jour-là — posent un échafaudage. Gestes hésitants mais sourire affirmé. Ces nouveaux habitants du village ont tous un point commun : ils ne sont ni locataires, ni propriétaires des lieux. Car Celles est le premier village de France devenu non-spéculatif.

Une petite révolution rendue possible par l’histoire singulière du village — « et la conjonction de luttes diverses », précise d’emblée Christine Garcin, conseillère municipale. Tout commença au tournant des années 1960, quand le département de l’Hérault décida, pour convertir les vignobles en vergers, de créer un lac d’irrigation. Celles devant être submergé, les habitants furent expropriés, et le village abandonné.

Sauf que… au vu de la crise agricole, la mutation viticole s’arrêta, et la réserve d’eau ne fut pas totalement remplie. La suite, c’est Joëlle Goudal — 6 ans au moment des expropriations — qui la raconte, au téléphone : « Pour nous, les habitants, il y avait une certitude : il fallait que Celles vive et soit réhabilité. »

De longues décennies de bataille pour garder le statut de commune, récupérer la propriété des terres, monter un projet de restauration… « C’était perçu comme une bagarre, mais au fond de moi, c’était un rêve, poursuit l’actuelle maire du village. Je voulais…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: David Richard, Lorène Lavocat

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