48h de garde à vue pour des publications
Le 22 octobre dernier, Manon Delcourt atterrit à Orly. À la descente de l’avion, elle est interpellée par la police et placée en état d’arrestation. Elle a passé 26 heures en garde à vue au commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris.
Initialement, la procédure a été ouverte sous la qualification de « provocation directe à un acte de terrorisme au moyen d’un service de communication au public en ligne ». Si cette accusation gravissime n’a finalement pas été retenue par le Parquet de Paris, la violence de la mesure demeure.
« J’ai également passé une nuit en cellule avant de rencontrer le procureur et le juge. Ce sont les 48 heures les plus sordides de mon existence », confie la jeune femme sur Instagram.
Les poursuites reposent sur des publications sur les réseaux sociaux. Voici l’extrait précis des propos qui lui sont reprochés :
« On a toute la nation située entre 14 et 18 ans qui est en train de se soulever contre un système inégalitaire, injuste et meurtrier. C’est leur avenir qui est brisé. Ce n’est pas quelques devantures et quelques poubelles qui coûtent à peine quelques centaines d’euros qui vont y changer quelque chose. »
Interdiction de se rendre en manifestation
Poursuivie pour des publications « susceptibles d’inciter à la violence lors des manifestations lycéennes », elle a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre en manifestation et d’utiliser son compte X.
Ces mesures entravent directement son activité professionnelle de journaliste indépendante, « sa liberté de circulation mais aussi d’expression », dénonce son avocate Me Sonia Boundaoui
Toutes ces mesures sont en vigueur jusqu’à son procès, qui se tiendra en mai 2027, soit peu après les présidentielles.
Bâillonner la colère sociale
Cette affaire n’est pas un cas isolé. Sur les réseaux sociaux, la répression gouvernementale prend la…
Auteur: Léonore Suied
