« Nutshimit », l’intérieur des terres, est le mot préféré de la poète innue Joséphine Bacon, car il est intimement lié à l’identité innue. Nutshimit, là où se dépose l’âme innue, a permis de tisser les liens assurant la survie et l’épanouissement culturel et social de ce peuple au fil des millénaires.

Cet article fait partie de notre série Forêt boréale : mille secrets, mille dangers
La Conversation vous propose une promenade au cœur de la forêt boréale. Nos experts se penchent sur les enjeux d’aménagement et de développement durable, les perturbations naturelles, l’écologie de la faune terrestre et des écosystèmes aquatiques, l’agriculture nordique et l’importance culturelle et économique de la forêt boréale pour les peuples autochtones. Nous vous souhaitons une agréable – et instructive – balade en forêt !
Atik, le caribou forestier, constitue l’élément le plus important ayant facilité le développement de ces liens entre l’innu et le territoire. Malheureusement, l’intérieur des terres subit des transformations majeures depuis plusieurs années.
À un point tel que dans le sud du Nitassinan des Innus de Pessamit, sur la Côte-Nord, ce lien millénaire avec le territoire s’efface au gré des coupes forestières qui progressent inexorablement vers le nord.
En tant que chercheur, biologistes (dont un d’origine innue) et ingénieur forestier, nous sommes à l’interface des savoirs scientifiques et autochtones. L’environnement forestier se transforme sous l’action humaine et nous tentons de mieux en comprendre les manifestations afin de guider nos actions futures pour préserver l’ensemble des valeurs que représente la forêt, dont la culture innue.
Le Nitassinan de Pessamit
Le Nitassinan de Pessamit est un vaste territoire au sein de la forêt boréale de l’est du Québec.
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Auteur: Louis De Grandpré, Chercheur en écologie forestière, Conseil des Innus de Pessamit et professeur associé, Université du Québec à Montréal (UQAM)

