Cent pays décident de réduire les émissions de méthane

Glasgow (Écosse), reportage

C’était en août. Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) avait particulièrement insisté sur le méthane, souvent qualifié de « bombe climatique ». Quelques semaines plus tard, le 18 septembre, l’Union européenne et les États-Unis en ont pris acte et lancé leur Engagement mondial sur le méthane : soit l’ambition de réduire de 30 % leurs émissions de méthane d’ici 2030 par rapport au niveau de 2020. Mardi 2 novembre, à l’occasion de la troisième journée officielle de la COP26, une centaine de pays ont rejoint cette initiative historique. « Nous sommes en train de faire de la COP26 le moment où le monde est passé des aspirations à l’action », s’est félicitée à la tribune Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Pour autant, les engagements volontaires de ces pays n’ont, tout comme les plans climatiques soumis en amont de la COP26, aucune valeur contraignante. La Chine, la Russie, l’Australie et l’Inde demeurent les grands absentes de cet accord.

La présidente de la Commission européenne a rappelé que le méthane, qui représente 23 % du réchauffement lié aux émissions de gaz à effet de serre anthropiques, pouvait être jusqu’à 80 fois plus puissant que le CO2. Pourtant, ce gaz à effet reste bien moins longtemps que le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, autour d’une dizaine d’années. Résultat, des politiques publiques décidées aujourd’hui pourraient avoir des effets très rapides sur le réchauffement climatique. Or il y a urgence : « Nous ne pouvons pas attendre 2050, nous devons réduire nos émissions rapidement », a rappelé Ursula von der Leyen.

À l’heure actuelle, 60 % des émissions de méthane sont dues aux activités humaines parmi lesquelles l’élevage de ruminants, la riziculture, l’extraction de combustibles fossiles, les décharges et la combustion de la biomasse. Élément inquiétant : ces émissions, en constante augmentation depuis le début de la révolution industrielle, flambent ces dernières années. La raison : l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis, du charbon en Chine et de l’accroissement de la taille des élevages en Asie, en Amérique Latine et en Afrique.

Un Observatoire international des émissions de méthane

Alors que faire ? « Le plus fort potentiel de réduction des émissions à court terme se trouve, sans aucun doute, dans le secteur de l’énergie », a tranché Ursula…

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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre) Reporterre

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