Puylaurens (Tarn), reportage
« Le plan de surveillance d’Atosca [le concessionnaire de l’autoroute A69] et de la préfecture du Tarn manque de rigueur scientifique. » Samedi 22 novembre vers 10 heures, dans un froid glacial, Jacques Thomas, écologue et spécialiste des zones humides, est venu manifester, comme une centaine de riverains, son opposition et son inquiétude face à la mise en service de l’usine d’enrobés de Puylaurens, dans le Tarn.
Cette usine, comme celle de Villeneuve-lès-Lavaur, plus à l’ouest, est destinée à produire une partie des 500 000 tonnes de bitume qui devront être coulées sur les 53 km entre Toulouse et Castres.
Depuis le parking où se sont rejoints environ 150 personnes, dont une bonne dizaine d’enfants, la grande cheminée de l’usine et l’impressionnant tas de fraisat sont bien visibles. Ce matériau, présenté comme de l’enrobé recyclé, provient de la réfection ou du rabotage des routes en asphalte et doit être mélangé et chauffé avec des granulats et du bitume pour produire un enrobé ensuite directement coulé sur les routes. Lors du chauffage de ces matériaux, les opposants craignent le dégagement de particules fines et de matières toxiques dans l’air autour des centrales.
« Depuis la délivrance de l’autorisation environnementale, il y a plus de deux ans, on alerte sur l’insuffisance des mesures d’impact et de suivi de ces centrales à bitume », poursuit Jacques Thomas, emmitouflé sous son bonnet.
Ce plan « n’a aucun sens »
Le 18 novembre, une réunion d’information a pourtant eu lieu entre des riverains, les services de l’État et Atosca pour détailler le plan de surveillance environnementale mis en place. La préfecture du Tarn a notamment précisé que celle-ci serait assurée par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), au moyen de seize capteurs installés à proximité des centrales.
« Atosca/
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

