« Cérémonie de commémoration des 60 ans du 17 octobre 1961 »

Dans cet article, Jérémy Rubenstein décortique et corrige le discours prononcé par le président Macron lors de la cérémonie de commémoration du 17 octobre 1961 : ce jour là, contrairement à ce que dit le président, nulle « manifestation » n’était organisée ; il n’y a pas eu non plus de « décret » le 5 octobre interdisant aux Algériens de sortir de chez eux (seulement un communiqué de la préfecture de Police et il ne pouvait y être question des Algériens puisque ceux-ci étaient encore…des Français). Ces détails peuvent sembler minimes et sont d’ailleurs passés inaperçus ; ils sont pourtant plus signifiants qu’il n’y paraît, et révèlent l’incompétence du service communication de l’Élysée.

Il y aurait tellement à dire sur le très court texte, publié sur le site de l’Élysée durant la visite du président de la République au pont de Bezons le 16 octobre, que je me contenterais des deux seules premières phrases, que je peux donc copier-coller in extenso :

« Le 17 octobre 1961, une manifestation était organisée à Paris par la Fédération de France du FLN pour protester contre le décret du 5 octobre, interdisant aux seuls Algériens de sortir de chez eux après 20h30. Dans la soirée, malgré l’interdiction de la manifestation, plus de 25.000 hommes, femmes et enfants, se dirigèrent vers différents points de regroupement. »

Remarquons d’abord que le, la ou les auteurs de ce texte travaillent au service de communication de l’Élysée, palais que l’on imagine peuplé d’énarques dont la langue maternelle est administrative. Mais, en fait, pas exactement : nous avons deux normaliens (Sophie Walon et Jonathan Guemas, ce dernier titulaire d’un master en histoire contemporaine) et divers titulaires de master d’IEP (Science Po). Enfin, au vu du thème abordé, on peut penser que Bruno Roger-Petit, le « Conseiller mémoire » (c’est ainsi qu’est nommé le poste) est intervenu. De celui-ci Wikipédia nous apprend qu’il a fait une longue carrière de journaliste. Voici les auteurs présumés du texte que, afin de ne pas insulter leurs formations professionnelles, on va imaginer férus de langue administrative. Or, dans les deux seules phrases citées, nous comptons trois erreurs qui relèvent du champ lexical administratif (à la réputation d’être précis à défaut de la moindre élégance). Voyons dans le détail chacune de ces erreurs, nous tâcherons ensuite de comprendre le sens d’un tel festival de bévues langagières.

Une phrase, trois…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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