« Certains de mes élèves de lycée cumulent les cours, le travail, les responsabilités »

J’aimerais, à travers cet article, mettre à l’honneur mes élèves. Ces jeunes décriés par la société parce qu’ils viennent des cités, parce qu’ils ont un langage peu châtié, parce que beaucoup leur prêtent des intentions avant de les connaître, parce que leur manière de s’habiller ou de pratiquer leur religion dérange un pan de la société française le plus souvent parisienne, parce qu’ils seraient « trop différents » et qu’ils représenteraient la violence de notre pays. 

J’enseigne l’histoire-géographie depuis trois ans dans un lycée de Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. La réputation de cette ville reste, dans l’imaginaire collectif, marquée par les émeutes de novembre 2007. Les premières réactions de mon entourage furent sans appel. La peur dans la voix, on me disait : « Tu ne peux pas aller enseigner là-bas. »


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Il faut dire que l’Éducation nationale n’abonde pas vraiment dans le respect lorsqu’on peut lire, sur les documents officiels des mutations, les mentions « politique de la ville » et « zone violence ». Lorsque j’ai fait ma rentrée en septembre, tout ce qui entourait le lycée semblait confirmer mes propres craintes et préjugés. Quelle erreur de ma part ! Et quelle beauté de constater à quel point nos peurs peuvent déformer la réalité !

Les élèves qui arrivaient en trombe en classe étaient des jeunes courageux qui avaient eu du retard avec un client.

J’aimerais m’attarder sur un événement qui, je l’espère, parviendra à éclairer l’esprit de certains. À quelques semaines du baccalauréat, je donnais tout en classe pour amener mes élèves jusqu’à la réussite. Mais je les trouvais peu investis,…

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