Les mercenaires russes, comme le groupe Wagner, ont une terrible réputation. De nombreux médias occidentaux ont fait état de leur inefficacité militaire, de leur bilan catastrophique en matière de droits de l’homme ainsi que leur nature prédatrice.
Par exemple, en juillet 2024, le groupe Wagner a subi un revers militaire dans le nord du Mali. Il a perdu des dizaines de mercenaires, dont un commandant de haut rang et un commentateur militaire russe.
Depuis 2014, de nombreux rapports ont établi un lien entre les mercenaires russes et des atrocités et des crimes contre l’humanité.
En outre, il semble que les mercenaires russes soient surtout intéressés par l’exploitation des pays d’accueil en faisant main basse sur les ressources naturelles comme les minéraux.
Malgré leur mauvaise réputation et leurs motivations intéressées, un nombre croissant de pays africains ont eu recours aux mercenaires russes au cours des cinq dernières années. Le dernier en date est la Guinée équatoriale, où jusqu’à 200 soldats russes auraient été déployés en août 2024 pour protéger le président et former la garde présidentielle.
Les mercenaires russes fournissent des services de sécurité au détriment des alliances traditionnelles avec l’Occident. Les forces françaises et américaines ont été chassées, laissant derrière elles des bases militaires pour les Russes.
La question que nous posons en tant que spécialistes de la sécurité est la suivante : compte tenu de ces inconvénients, pourquoi les pays continuent-ils à faire appel à des mercenaires ?
Nous avons tenté de répondre à cette question en utilisant le cas de la République centrafricaine. Pour évaluer la performance ou l’efficacité de Wagner, nous avons étudié la guerre civile en République centrafricaine et comparé l’intervention militaire française
(2013-2016) à l’intervention de Wagner (2021-2024).
Nous avons constaté qu’à court terme, l’intervention de…
Auteur: Ori Swed, Assistant Professor of Sociology, Anthropology, and Social Work, Texas Tech University

