La neige se pare parfois de couleurs originales… et le plus intrigant, c’est que la neige rouge sang accueille des algues, qui favorisent la biodiversité dans ce milieu que l’on croit si « vierge ».
La plupart du temps, la neige est blanche, mais au printemps, le manteau neigeux change parfois de couleur. Gris, noir, jaune, orange… et même rouge ! Rouge, vraiment ? Cette couleur serait-elle le vestige d’un combat sanglant entre bouquetins ? Les panneaux indicateurs des pistes de ski auraient-ils déteint sur la neige ?
La réalité peut sembler tout autant farfelue, car la couleur rouge sur la neige est en réalité due à des algues microscopiques. Ces cellules d’algues sont un peu plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, tout juste visibles à l’œil nu. Mais alors, qui sont ces algues des neiges ? Où et quand est-il possible de les rencontrer ? Partons en montagne pour tenter d’élucider ces mystères.
À la fin du printemps dans les prairies alpines, les skieurs ne trouvent plus assez de neige, et les randonneurs estiment qu’il y en a encore trop. Alors la montagne est paisible. Les marmottes peuvent sortir de leur terrier et courir entre les gentianes et les anémones. Les derniers névés résistent encore dans les combes. La surface de ces vieilles neiges n’est pas blanche, mais pleine de particules microscopiques. On repère souvent des teintes orangées dues aux dépôts de sable saharien de l’hiver précédent. Parfois, des tâches rouges et dispersées apparaissent, ce sont ces fameux amas d’algues microscopiques, que l’on appelle aussi « blooms » d’algues (bloom signifie « floraison » ou « efflorescence » en anglais).
Bruno Jourdain, Fourni par…
Auteur: Marie Dumont, Chercheuse, directrice du Centre d’études de la neige, Centre National de Recherches Météorologiques, Météo France, CNRS, Université Grenoble Alpes (UGA)

