Ces algues étouffent les Antilles : et si on les transformait en compost ou en béton ?

Lorsqu’il observe les plages de son île brunir à cause des sargasses, Frédérick Voyer, directeur du groupement d’intérêt public (GIP) Sargasses Martinique, soupire : « Nous n’avons pas encore de chiffres précis, mais il est très probable que l’année 2026 soit identique à l’année 2025, voire pire ». Une impression qui semble confirmer les prévisions du mois de mai 2026 de Météo-France : une saison « parmi les plus intenses jamais enregistrées » en matière d’échouement pour le département. La situation n’est guère plus enviable en Guadeloupe. Après avoir collecté près de 152 000 m3 d’algues en 2025, le GIP local s’attend à des chiffres similaires pour 2026.

Voilà déjà quinze ans que des centaines de milliers d’Antillais observent presque chaque année des échouements toujours plus importants de sargasses sur le littoral. Cette prolifération serait due au départ à des modifications de courants marins qui auraient dispersé des sargasses loin de leur zone naturelle (la mer des Sargasses) au large du golfe du Mexique. Elles semblent avoir trouvé près des Antilles des conditions plus favorables à leur développement, à savoir des eaux chaudes et riches en nutriments. En se décomposant, ces algues brunes relâchent dans l’air de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac. Elles sont par ailleurs chargées en métaux lourds et en chlordécone (un insecticide). Des substances néfastes pour la santé, l’environnement et pour l’économie de ces départements qui vivent en partie du tourisme.

Décontaminer les sargasses

Pourtant, comme nous le confirme l’Agence de la transition écologique (Ademe), la sargasse n’est pas qu’un fléau. Il s’agit aussi d’une ressource naturelle pouvant générer des débouchés économiques pour les deux départements. « Nous savons que ces algues peuvent être valorisées. L’entreprise Holdex Environnement, située au François en…

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Auteur: Ludovic Clerima