Dans le froid, la survie n’est pas qu’une affaire de muscles, de griffes ou de fourrure. Elle tient aussi à un geste simple, presque attendrissant : se serrer les uns contre les autres. Des manchots empereurs aux abeilles, des macaques aux petits mammifères, de nombreux animaux ont fait du câlin une technologie collective, une manière de voler quelques degrés à l’hiver, de réduire la dépense d’énergie, et de tenir jusqu’au retour de la lumière.
Faire bloc contre le froid
Chez certains animaux, se réchauffer est une affaire de groupe. Les manchots empereurs – seuls à se reproduire en plein hiver antarctique – endurent jusqu’à – 50 °C et des vents de 200 km/h. Pour tenir, ils se serrent en grappes de centaines, parfois de milliers d’oiseaux. La masse n’est pas figée. Elle pivote lentement, de sorte que ceux du bord finissent par rejoindre le centre, où l’air peut être de plus de 20 °C plus chaud. Et si la chaleur devient excessive, le groupe se disloque d’un coup, comme une soupape thermique.
La logique est la même chez les abeilles. Sous 12 °C, la colonie se rassemble en grappe autour de la reine. Au centre, la température reste comprise entre 25 et 30 °C. Les ouvrières en périphérie se relaient pour éviter l’hypothermie. Grâce à cette organisation et à la production de chaleur musculaire, une colonie vigoureuse peut résister à – 20 °C. Cette rotation est vitale. Sans elle, la grappe se fragilise.
Souris en grappe – Crédit : Kapa65 / Pixabay
Cette solidarité thermique n’est pas l’apanage exclusif des oiseaux et des abeilles. Chez certaines souris, les chercheurs ont observé que le regroupement augmente nettement quand la température baisse, surtout entre individus qui se connaissent. Se coller les uns aux autres permet de limiter la perte de chaleur, mais aussi de tester la tolérance sociale. En clair, quand il fait froid, les conflits s’atténuent.
Ce réflexe se retrouve…
Auteur: Joanna Blain

