Ces artistes et scientifiques naviguent depuis un an au chevet des « fleuves en ruines »

Parti en septembre 2025 de Saint-Nazaire, le BatoLabo devait atteindre le delta du Danube en ce mois d’octobre. Une navigation sur quelques 4 500 km, pour prendre le pouls des cours d’eau européens. À bord d’un grand chaland de Loire en bois, l’équipage participe à des projets de recherche scientifique sur la santé des fleuves, et organise des résidences d’artistes et des spectacles lors des escales. Objectif : « nous connecter à nos rivières », et « nous relier à travers elles ». Le projet est financé par des collectivités, des instituts culturels ou scientifiques et des dons.

Las, l’embarcation est actuellement coincée en Hongrie, non loin de la centrale nucléaire de Paks. En cause : une sècheresse exceptionnelle, qui entrave la navigation sur le grand fleuve.

Reporterre a joint trois des membres de l’équipage : ils nous racontent cette aventure scientifique, politique et artistique au long cours.

Reporterre — Avec BatoLabo, vous êtes actuellement en Hongrie, coincés près de la centrale nucléaire de Paks. Pouvez-vous nous décrire la situation ?

Samuel Botreau (marinier) — Le plus marquant, avec cette sécheresse record, c’est que nous naviguons seuls. Tous les gros bateaux sont à l’arrêt, car il n’y a pas assez de fond, ils vivent une sorte de confinement depuis plus de deux mois. Nous, avec notre bateau à fond plat, sommes les seuls à pouvoir encore bouger.

Chloé Löwy-Girardeau (comédienne) — En plus, pour éviter que la centrale nucléaire, qui fournit 40 % de l’électricité du pays, ne soit à l’arrêt, le gouvernement hongrois a décidé d’agir pour maintenir l’eau à un certain niveau. Concrètement, des camions jettent d’énormes cailloux dans l’eau [pour faire remonter le niveau]. De fait, ce barrage coupe le fleuve et empêche la navigation.

Qu’est-ce que cette opération dit de notre rapport aux fleuves, dans un contexte de crise climatique ?

Lucas…

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Auteur: Lorène Lavocat