Ces centaines de milliers de Français privés d’eau potable dans l’indifférence générale

Les trois quarts du territoire hexagonal en restrictions d’eau. Plus de 40 000 habitants en pénurie d’eau potable, avec des coupures au robinet et des livraisons organisées via camions-citernes. Le doute a gagné plusieurs villes, comme Nantes, Limoges ou Figeac : et si l’eau ne coulait plus au robinet ? Ce scénario de pénurie a choqué l’opinion hexagonale. Pourtant, il constitue déjà le quotidien banal de centaines de milliers de Français.

Si cette réalité reste peu connue, c’est que ces citoyens vivent dans des territoires dits ultra-marins, où l’attention et le soin politique et médiatique sont structurellement insuffisants et défaillants. La Guadeloupe, la Martinique, Mayotte ou La Réunion sont actuellement frappés par des sécheresses, au même titre que l’Hexagone. Mais là-bas ces événements, favorisés par le changement climatique, sont vécus d’autant plus durement qu’ils surviennent sur des territoires où l’Etat français a notoirement trop peu agi et investi ces dernières années dans le service public de l’eau. C’est avéré, plusieurs institutions dont les Nations Unies ont pointé du doigt les défaillances de l’Etat français en la matière. 

Avec une conséquence majeure : des centaines de milliers de personnes y sont privées d’eau potable. Dans cet article, nous faisons donc le point sur cette injustice environnementale à la française.

L’accès à l’eau potable est un droit, qui engage les Etats

Avant toute chose, il faut rappeler que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sont des droits de l’homme reconnus depuis 2010 par une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette résolution doit avoir un impact concret sur les politiques publiques : elle oblige les États à « œuvrer en faveur de l’accès universel à l’eau et à l’assainissement pour tous, sans aucune discrimination, tout en accordant la priorité aux…

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Auteur: Thibaut Schepman