Quinze était probablement le chiffre marquant de la soirée de ces élections sénatoriales. Grâce à l’arrivée de 12 nouveaux sénateurs, élus sous sa propre barrière, dans des listes d’union de l’extrême droite, ou avec le concours de ses partenaires de l’UDR (Union des droites pour la République) fondé par Éric Ciotti, le Rassemblement national et ses alliés sont en mesure de fonder un groupe pour la première fois dans l’histoire du Sénat. Il n’en comptait que trois à la veille du scrutin, réduits à la position de non-inscrits dans l’hémicycle. Le parti à la flamme, longtemps freiné par la mécanique du scrutin sénatorial, réalise même l’exploit de dépasser avec une marge confortable le seuil fatidique des dix parlementaires nécessaire à la formation d’un groupe au Sénat. Cet épilogue n’était pas le scénario central des troupes de Marine Le Pen.
Si le RN a concentré l’essentiel de ses gains sur le pourtour méditerranéen – avec pour la première fois des départements où il compte deux sénateurs, comme dans le Var ou les Bouches-du-Rhône – la formation politique a aussi décroché un siège en Gironde avec la députée Edwige Diaz, et plus surprenant encore, en Seine-Maritime, en la personne de Léon Levasseur.
Il y a également ces départements où le RN n’était pas très loin de renforcer davantage son contingent parlementaire. Dans la Somme, il a manqué à 57 voix près à sa liste pour arracher un…
Auteur: Guillaume Jacquot
