Plœmeur (Morbihan), reportage
« Accès interdit au public. Ramassage en cours. » À l’entrée de la plage du Fort-Bloqué, dans la commune de Plœmeur, près de Lorient, une opération de déblaiement est en cours ce 11 juin au matin. Sur la plage, un point orange : un homme en tenue de travail suit des yeux un engin qui ramasse les algues à l’aide d’un grappin.
L’agent surveille son collègue pour prévenir tout malaise. Dans sa cabine pressurisée, le chauffeur n’a pas besoin de masque, mais il garde un capteur de gaz, également porté par les trois autres agents municipaux mobilisés ce jour-là.
Si la concentration d’hydrogène sulfuré (H₂S) atteint 5 ppm, le port de protections devient obligatoire ; à 10 ppm, l’intervention est immédiatement arrêtée. « Ce n’est pas très rassurant, mais on fait attention », dit à Reporterre l’un des agents, qui a suivi une courte formation avec ses collègues.
Un amas d’environ 12 tonnes d’algues et de sable vient d’être constitué au bas de la cale, étape précédant une évacuation vers un site plus isolé. À chaque intervention, les agents municipaux se relaient pour effectuer au moins quatre allers-retours et récoltent en tout et à chaque fois plus de 50 tonnes d’algues. C’est la cinquième opération depuis début mai.
« On fait en sorte d’intervenir avant qu’il y ait putréfaction »
« Ce n’est que le début, donc on stocke, précise Stéphane, qui travaille pour la commune depuis cinq ans et s’attend à renouveler l’opération jusqu’à la fin de l’été. On n’attend pas, on fait en sorte d’intervenir avant qu’il y ait putréfaction. »
Le seuil de déclenchement est visuel : dès que l’amas dépasse une dizaine de centimètres d’épaisseur, l’intervention est enclenchée. Une fois échouées, les algues vertes peuvent produire des gaz toxiques sous 48 heures en se décomposant, c’est pourquoi leur…
Auteur: Angéline Desdevises, Lucile Trihan Coignard

