Soulatgé (Aude), reportage
Voilà plus de quinze ans qu’Anila Shallari et Jérémie Parnaudeau élèvent leurs chèvres sur les pentes calcaires de la vallée du Verdouble. Depuis quelques mois, en plus de leurs savoureux fromages, ils produisent de l’électricité pour les habitants des alentours. Des watts fabriqués sur leur hangar par des panneaux photovoltaïques, puis consommés localement, façon Amap énergétique.
Ce projet relève de l’autoconsommation collective, « un nouveau modèle qui permet de partager localement de l’énergie renouvelable entre producteurs et consommateurs voisins », selon l’association Centrales villageoises, qui promeut ce système.
Une formule à contre-courant de l’organisation énergétique française, encore très centralisée autour des centrales nucléaires — qui produisent plus de 85 % de l’électricité en France. Et un phénomène en plein boum : Enedis, le gestionnaire du réseau électrique, recense 1 343 opérations en service fin 2025, contre 77 il y a quatre ans — l’autoconsommation étant autorisée en France depuis une ordonnance de 2016.
« Il y a une forte dynamique, constate Étienne Jouin, coordinateur du réseau des Centrales villageoises. En 2022, on est nombreux à avoir vu notre facture exploser… et l’idée de consommer une électricité produite à côté de chez nous a pris tout son sens. »
Le succès reste toutefois « encore très relatif », relativise l’Agence de la transition écologique (Ademe). D’après Enedis, ces réseaux locaux d’électricité réunissent aujourd’hui quelque 12 300 participants : une goutte d’eau dans l’océan énergétique français.
Surmonter la paperasse
Si le principe — consommer sur place l’électricité produite localement — paraît simple, la mise en œuvre peut se révéler ardue, comme le montre l’expérience audoise. En 2021, le Parc naturel régional des Corbières-Fenouillèdes entendait…
Auteur: David Richard, Lorène Lavocat

