Saint-André-sur-Vieux-Jonc (Ain), reportage
Le déjeuner est terminé, Olivier Monnet en profite pour s’écrouler quelques instants sur son siège de jardin. On aurait eu du mal à deviner que l’homme a 47 ans — son ton blagueur lui file dix années de moins —, mais c’est clair qu’il a l’air fatigué. « Je vais peut-être faire la sieste au lieu de répondre à vos questions », plaisante-t-il. Sa compagne Madeleine Roediger débarque, sert une part de gâteau et un café à toute la table. À 43 ans, elle aussi a le sourire, mais les traits tirés. « On est en pleine saison, dans un rythme un peu infernal », nous avait-elle prévenus par message quelques semaines plus tôt.
Le couple, éleveur de brebis laitières depuis 2021, est dans une phase particulière : il s’apprête à abandonner son activité. Madeleine et Olivier ont décidé de ne plus « exploiter [leurs] animaux » et souhaitent se reconvertir. Ils préparent déjà le lancement d’un sanctuaire pour accueillir d’autres anciens animaux d’élevage, et aimeraient proposer des hébergements touristiques sur la ferme. Autant dire que leurs journées sont bien remplies.
Une installation sur le tard
Ce n’est que dans la seconde partie de leur vie qu’ils se sont installés ici, à Saint-André-sur-Vieux-Jonc (Ain). D’aussi loin qu’il se souvienne, Olivier a toujours voulu être paysan. Mais la chambre d’agriculture l’a découragé, en prétendant que ce serait impossible puisque sa famille n’est pas issue du monde agricole. L’homme a lâché l’affaire, est devenu basketteur semi-pro et a enchaîné avec des études de plombier chauffagiste.
Madeleine, elle, souhaitait devenir naturopathe. Elle s’est finalement retrouvée à manager une équipe de basket, puis s’est formée en botanique. Ensemble, le couple a eu deux enfants, aujourd’hui âgés de 17 et 20 ans.
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Auteur: Justine Guitton-Boussion, Mathieu Génon

