Mobilisation et bifurcation
L’électrochoc est venu d’un média africain. En 2022, 200 000 agriculteurs marocains perdent leur emploi à cause des sécheresses. L’information ne traverse pas la Méditerranée. Pour Arthur et Hélène, c’est une révélation brutale : “Là, énorme claque. La crise écologique a déjà des conséquences sur le monde du travail. Et ça touche tous les secteurs.” Des professions loin des grandes écoles et des choix de bifurcation privilégiés.
Le constat est implacable : stations de ski sans neige, pêcheurs de la Manche face à des océans vides, secteur du café menacé par le réchauffement en Amérique latine, cosmétiques en pénurie de matières premières.
« Tous les rapports, tous les experts sont unanimes : ça va s’accélérer dans les années qui viennent. Mais pourquoi personne n’en parle ? »
Le parcours d’Arthur Gosset explique cette prise de conscience. Diplômé de Centrale Nantes, il appartient à cette génération d’ingénieurs qui a rompu avec le destin tout tracé des grandes écoles. Avec son premier film « Rupture », il suit six jeunes diplômés qui renoncent au « job de rêve et à la belle voiture de fonction pour s’engager coûte que coûte ».
Mais les retours du public le confrontent à une réalité : « On nous disait : c’est chouette, mais bifurquer, c’est pas accessible. Vous êtes des privilégiés. » Deuxième gifle : « Des jeunes issus de milieux défavorisés nous disaient : moi je travaille dans l’automobile, comment je fais ? » La question change alors radicalement : comment transformer le travail de l’intérieur, sans bifurquer ?
Sophie, Mahaut et les autres, éclaireurs du système
« Éclaireurs » filme des pionniers et des pionnières qui refusent de fuir. Mahaut, chez Leroy Merlin, Sophie chez Excelliance (cosmétiques). Ces femmes posent frontalement la…
Auteur: Isabelle Vauconsant

