Acheter des forêts pour les soustraire « aux lois de l’industrie »
Argentat-sur-Dordogne se trouve au cœur d’une région vallonnée et couverte de forêts. Révoltés par l’intensification des coupes rases de forêts diversifiées, remplacées par des plantations en monoculture, certains habitants ont cherché à réagir.
« On ne voulait pas juste garder nos yeux pour pleurer », explique Antoine pour La Relève et La Peste, un membre actif de Faîte et Racines. Avec d’autres habitants, ils ont cherché à « acheter du foncier forestier pour pouvoir le préserver », et ainsi le soustraire « aux lois de l’industrie et à la coupe rase. »
Au fil des opportunités, l’association a acquis des parcelles ou s’en est fait confier la gestion : elle gère aujourd’hui une centaine d’hectares de forêts.
« Très vite, s’est posée la question de savoir ce qu’on fait du foncier, explique Antoine pour La Relève et La Peste. On ne voulait pas juste le sacraliser et laisser tout le reste se faire couper à ras à côté. »
Antoine aux commandes de la scierie mobile – Crédit : Rémi Proust
Les membres de Faîte et Racines, dont aucun ne faisait partie de la filière forestière, se sont donc lancés dans la sylviculture.
« Notre premier travail a été de se former, d’apprendre à avoir un regard sur la forêt. On a donc fait venir des bûcherons, des gestionnaires, des passionnés, des ornithologues, des naturalistes, ou juste des gens du pays qui s’y connaissaient. On s’est réappropriés ce regard et ces connaissances » raconte Antoine pour La Relève et La Peste.
Il pointe le manque de « culture forestière » dans ce territoire aux forêts assez jeunes, nées de la déprise agricole. Aujourd’hui, l’association met en œuvre une « sylviculture douce », à l’opposé des pratiques des grandes coopératives forestières. Faîte et Racines espère ainsi « laisser un patrimoine forestier vivant et…
Auteur: Eloi Boye

