Ces lieux où l’on ose parler de la mort

Café mortel. Ou plutôt, en ce mardi soir de mai, apéro mortel. « Ça pourrait faire un beau cercueil ça », lance Luc à peine arrivé en tâtant la table en bois massif. L’homme d’un certain âge découvre le concept. Comme quinze autres personnes, il vient participer à cet apéro entre inconnu·es afin de discuter d’un thème : la mort.

L’endroit est convivial, dans l’antre d’un caviste de la métropole lilloise. Du vin dans les verres, surtout de la bière, en réalité, lumière tamisée et bouteilles en décoration. Séverine Masurel, organisatrice et conseillère funéraire, rappelle les règles en préambule : « Il est permis de rire, de pleurer, de ne pas parler… La seule condition est de ne pas juger. » Elle et sa collègue en organisent régulièrement depuis un an, après avoir lancé la coopérative funéraire de Lille en 2022.

Il est 19 heures. Des petits groupes de quatre ou cinq personnes se forment. Aucune modération, il faut se lancer. Sur la table, une liste de questions pour amorcer une première discussion : « Pourquoi êtes-vous venus ? » est la plus récurrente, celle que tout le monde se pose. Maryse est très à l’aise sur le sujet. C’est la cinquième fois qu’elle assiste à ce genre d’événement. La mamie rock, chignon bleu sur la tête, est fascinée par la mort, « fan » même. « Je fais du clown depuis peu et du théâtre, j’adore jouer la morte. »

ZOOM : Les coopératives funéraires

Profits, manque d’accompagnement, perte de sens, peu écologiques… De nombreuses critiques émergent autour des rites mortuaires. Depuis plusieurs années, les coopératives funéraires deviennent une alternative aux pompes funèbres, qui ont longtemps détenu le…

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Auteur: Élise Leclercq

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