Brésil, reportage
Tac, tac, tac ! L’écho du bâton métallique qu’abat à bon rythme Antonio Marcos Fagundes résonne dans l’immense entrepôt, où s’étendent des montagnes multicolores d’objets en plastique, cartons et autres matériaux recyclables. « J’ouvre les boîtiers de ces alarmes incendie, je retire les circuits électriques et je trie les différentes parties », explique le Brésilien de 50 ans, un énorme sac à ses pieds déjà rempli de centaines de boîtiers démontés. Le butin est ensuite racheté par des entreprises de recyclage. C’est sur ces agents environnementaux, les « catadores », que repose toute l’industrie du recyclage au Brésil.
Un peu plus loin, Vanessa, 37 ans, perce des bouteilles en plastique avec un simple couteau, une étape indispensable avant leur compression mécanique, explique la catadora aux traits tirés. « Je remplis 40 sacs par jour environ. C’est beaucoup, mais ce qu’on fait ici, c’est encore très peu pour l’environnement », ajoute-t-elle, réaliste face à l’ampleur du défi du recyclage dans le pays.
Dans le pays, qui a produit près de 81 millions de tonnes de déchets en 2023, seuls 8,3 % ont été recyclés. Un faible indice qui s’explique en partie par des programmes de tri des déchets municipaux à la source encore limités, malgré une politique nationale entrée en vigueur il y a quinze ans. Le centre de tri de la Centcoop, où travaillent Antonio et Vanessa, est la deuxième plus grande centrale de coopératives de ramasseurs de déchets du Brésil, en périphérie de la capitale Brasília.
« La Centcoop reçoit 40 % des déchets de la collecte sélective du District fédéral, soit environ 1 500 tonnes par mois », indique Aline Sousa, présidente de la centrale, qui rassemble quelque 700 catadores de 21 coopératives. Et d’ajouter : « En réalité, c’est très peu, car Brasilia génère autour de 2 800 tonnes de déchets…
Auteur: Aglaé Watrin, Mayara Senise

