Où en est la loi Duplomb ? Plusieurs mesures très contestées sont entrées en vigueur ces dernières semaines. Certes, la disposition la plus décriée de la loi, qui prévoyait la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, a été censurée par le Conseil constitutionnel le 7 août dernier.
Pour autant, cette loi « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » (également appelée « loi Entraves ») a bien été promulguée quatre jours plus tard, le 11 août. Le calendrier pourrait désormais s’accélérer, avec la publication de plusieurs décrets dans les jours à venir.
Conseils agricoles et vente de pesticides à nouveau réunis
Conseiller d’acheter les produits que l’on vend : voilà une recette lucrative qui permet d’assurer ses arrières. Dans les campagnes françaises, cette technique a longtemps été la règle en matière de vente et d’usages de pesticides. Concrètement, il était possible de vendre des produits phytosanitaires tout en prodiguant du conseil auprès des agriculteurs. Ce qui n’encourageait pas, de fait, à sortir des pesticides de synthèse. Cette pratique a été interdite par la loi dite Egalim en octobre 2018, qui a institué la séparation des activités de conseil agricole et de vente de pesticides. Cette loi est entrée en vigueur en janvier 2021.
Mais dans les années qui ont suivi, les habitudes et usages n’ont pas nécessairement évolué. « Sur le terrain, rien n’a vraiment changé dans les faits, les technico-commerciaux des entreprises de vente / négoce continuent à prodiguer du conseil », constatait le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux dans un rapport de mai 2024. L’offre en conseil indépendant avait également « du mal à se développer » selon ce rapport.
Plutôt que de se pencher sur les raisons du non-respect de la loi, les parlementaires…
Auteur: Nolwenn Weiler, Sophie Chapelle

