Plomeur (Finistère), reportage
Des tulipes en fleurs, aux mille couleurs, s’étendent sur plusieurs centaines de mètres. Entre les rangées de cultures, une petite dizaine de personnes déguisées : certaines ont le dos floqué du symbole électrique de la Terre, le logo des Soulèvements de la Terre (SLT) ; d’autres portent un tee-shirt Cancer Colère, du nom du collectif qui souhaite politiser cette maladie. Ce dimanche 5 avril, toutes et tous s’enfoncent ensemble dans ce champ de liliacées, situé à Plomeur, dans le Finistère. Avec un but en tête : semer des graines d’amarante, une plante résistante aux pesticides, et dénoncer la très polluante culture locale de bulbes.
« C’est bon, vous pouvez y aller ! » lâche soudainement Sirocco, des Soulèvements de la Terre. En ce weekend de Pâques, c’est lui qui supervise cette action, nommée « Des semailles pour la vie ». Les militants ont choisi le jour de la « fête des fleurs », ces portes ouvertes de l’entreprise de bulbiculture Kaandorp ayant lieu chaque année depuis plusieurs décennies.
Amendes pour pesticides non homologués
En cinq minutes, chronomètre en main et à l’abri des regards, la demi-douzaine d’activistes a semé à la volée des milliers de graines d’amarante et de sarrasin. « L’entreprise Kaandorp dénude 100 hectares de dunes à grands coups de produits phytosanitaires », dénoncent les Soulèvements dans un communiqué. Localement, si l’entreprise est connue pour sa « fête des fleurs », elle l’est en effet aussi pour polluer terre et eau, comme l’a raconté Reporterre en 2024.
Des prélèvements du syndicat mixte de l’eau Ouesco ont déjà révélé des taux de pesticides dépassant de dix fois les seuils autorisés dans les rivières voisines de ces champs. En 2023, la préfecture du Finistère avait mis en demeure l’entreprise Kaandorp de cesser ses pompages d’eau illégaux à Saint-Vio. En 2012,…
Auteur: Chloé Richard

